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Bonne journée de paix

Pour beaucoup, le nouvel an est une période de remise en question importante. C’est un marqueur temporel qui permet de faire une pause et de réfléchir à l’année écoulée. Certaines personnes remettent en question les choix qu’elles ont faits, ce qu’elles auraient pu mieux faire et font des promesses se font des promesses et au monde pour l’année à venir. C’est également le moment où les résolutions du nouvel an fleurissent partout sur internet.

Pour ma part, j’effectue cet exercice à chaque anniversaire. Après tout, j’aurai vu la planète faire un tour complet autour du soleil tous les 15 mars. Alors quoi de mieux que d’y questionner ma vie et d’y faire des remises en question profondes ? Mais voilà, depuis mes 18 ans, j’ai l’impression de ne rien faire de ma vie. Cette sensation horrible de stagner et de recommencer sans cesse. Ces sentiments s’intensifient en cette période de l’année. Au fil du temps, les fêtes d’anniversaire sont devenues des moments d’angoisse très difficiles à vivre. Elles me rappellent à quel point je suis loin de mon idéal.

18 ans, cher âge adulte

Comme je le mentionne dans cet épisode de podcast , le premier anniversaire où j’ai stressé pendant des jours entiers était mes 18 ans. Avoir 18 ans signifiait que j’étais désormais adulte et responsable de mes actes devant la loi, Dieu et les hommes. J’encourais désormais de lourdes peines de prison an cas de faute et il n’y avait aucune circonstance atténuante pour m’en sortir. Passer de l’enfance à l’âge adulte en une journée était quelque chose de terrifiant. J’ai beaucoup pleuré en cachette (oui, je vous ai déjà dit que j’étais une grande pleureuse). Cette année-là, mes proches m’avaient organisé une fête d’anniversaire et je me demande aujourd’hui s’ils avaient remarqué mon désarroi parce qu’il était immense.

Moi 23 ans

Avoir 23 ans a sûrement été la période la plus difficile de ma vie. Avec le recul, je me rends compte que cette étape a été si mal vécue parce que j’essayais inconsciemment de suivre le même parcours que ma mère. À 23 ans, ma mère était étudiante, avait un commerce, était mariée et venait juste de me mettre au monde. Je ne connais pas les détails de sa vie à cette époque ni si elle était vraiment heureuse, mais pour moi, réussir signifiait faire mieux qu’elle. Cela impliquait d’avoir une relation, d’avoir un enfant, d’être ingénieure pour être financièrement indépendante et, accessoirement, d’avoir une belle voiture. J’avais investi beaucoup d’énergie et de détermination pour atteindre cet idéal, mais le destin en a décidé autrement. Mais voilà, 23 ans frappait à ma porte et je venais de rompre avec celui que je pensais être l’homme de ma vie. J’étais au chômage depuis plusieurs mois et je n’avais pas un sou en poche. J’errais dans les rues de Pointe Noire sans pouvoir imaginer un avenir quelconque. J’étais constamment en proie à un sentiment de culpabilité d’avoir été le plus mauvais investissement de mes parents. Je devais assurer la relève, prendre soin d’eux et leur rendre ce qu’ils avaient fait pour moi. Au lieu de cela, ils devaient continuer à me nourrir, sinon j’allais mourir de faim.

Je me souviens encore de cette conversation avec mon père où je le suppliais de me pardonner (vous pouvez la retrouver dans cet épisode où je raconte mon expérience du chômage ici ). Nous parlions du fait qu’un homme m’avait proposé un stage en échange de relations sexuelles. Durant cette conversation douloureuse, je le suppliais de me pardonner d’être le plus gros échec de sa vie. Il m’a regardé pendant un long moment, ému, dans le silence de notre salon. Il m’a dit l’une des plus belles choses que j’ai entendues de sa part. En résumé, il m’a avoué qu’il avait commis énormément d’erreurs dans sa vie, mais la plus grande de ses réussites était ses filles. Il ne voulait plus entendre de telles horreurs de ma part. Dans la vie, certaines choses relèvent de notre responsabilité, et d’autres ne dépendent pas de nous. J’avais fait ma part en obtenant mon diplôme, et je n’étais en aucun cas responsable si notre pays était à la dérive.

Mon cœur s’est brisé lorsque ma sœur a pris ses économies d’étudiante et m’a envoyé 100 000 FCFA pour que je puisse m’amuser. Elle avait surement perçu ma détresse et voulait m’aider, mais je l’ai vécu comme la preuve ultime de mon incompétence. Dans mon idéal, à cet âge, je l’aurais emmenée faire la fête dans un autre pays, mais on ne peut pas toujours obtenir ce que l’on veut dans la vie. Bref, cette période difficile a duré plusieurs mois.

COVID 26

Je ne sais plus à quel confinement nous étions mais il y avait une interdiction de sortir quand j’ai eu 26 ans. Je tournais en rond dans mon appartement marseillais et j’étais malade de cette situation. Au confinement s’ajoutais une montagne de problème. Je savais que mes proches avaient organisé une fête d’anniversaire surprise en ligne mais je faisais semblant de ne pas être au courant. (Ps : ne jamais faire d’anniversaire surprise en collaboration avec ma sœur mdr) Je voulais juste être seule dans le noir pour déprimer en paix. Ce que j’appréhendais par-dessus tout, c’était qu’ils puissent percevoir mon mal-être pendant cet appel vidéo.

Je ne sais pas si c’est une qualité ou un défaut (le peuple a dit que c’était un défaut), mais j’ai besoin de vivre mes douleurs et mes malheurs seule. J’aime trop mes proches pour leur infliger de me porter à bout de bras alors que la vie est déjà assez difficile. Aimer quelqu’un, c’est prendre en compte son bonheur dans nos choix. Donc vivre seule mes souffrances, c’est ma preuve d’amour car je les préserve. Néné m’a dit que c’était de l’égoïsme, mais c’est un débat pour un autre jour. Je m’applique pour ne partager que le meilleur de moi jusqu’à récemment. Mes proches sont des belles âmes qui méritent que je leur offre ce qu’il y a de mieux.

Pour en revenir à ce 15 là, durant cet appel, j’ai dû déployer des efforts surhumains pour faire bonne figure, mais j’ai craqué vers la fin. Après cet appel la chambre s’est transformé en veillée mortuaire L’école était très difficile et le confinement me bouffait littéralement. J’étais au bord du gouffre. Leur appel m’a rappelé Cette journée m’a rappelé violemment ma situation. Les jours suivants ont été terribles mentalement

Nowadayzzz

–       Juillet 2022

Juillet 2022, il s’est passé un événement qui m’a chamboulé. J’étais fatiguée émotionnellement, physiquement et tout ce qui se termine par « ment ».

L’oasis que j’avais découvert depuis quelques mois s’est asséchée brutalement en une semaine. Je n’étais clairement pas équipée pour une nouvelle traversée du désert, mais la vie ne m’en laissait pas le choix. (Je ne parle pas de garçon on se connait). Je me rappelle avoir vu sur les statuts WhatsApp d’une personne une chanson de Maverick partagée. Je suis allée écouter cette chanson sur YouTube et j’ai ressenti une grande forme d’apaisement. En l’espace de dix minutes, mes craintes avaient disparu. Dans la section des commentaires, il y avait une multitude de personnes qui racontaient ce par quoi elles passaient. D’autres exprimaient leurs souhaits et juraient de revenir dans cette même section de commentaires quand leurs prières seraient exaucées. Je me suis prêtée à l’exercice et j’y ai laissé une prière. d’ailleurs je dois aller faire mon update. J’ai écouté cette chanson toute la nuit et vers 2 heures du matin, j’ai prié. Tous ceux qui me connaissent vous diront sûrement que je suis une personne peu croyante. Je suis très critique sur plusieurs aspects de la religion.

En gros, ma prière a été la suivante :

« Cher Dieu

Je sais que je suis parmi tes enfants les moins adorables

ET vraiment si tu ne veux pas m’écouter tu as totalement raison. Je ne demande ni santé ni argent ou quoi que ce soit d’autre. Je veux juste la paix.

  • 27 Decembre 2022

J’étais au bord de l’épuisement professionnel. J’avais atteint le niveau de fatigue où, en rentrant chez moi, je ne pouvais rien faire. Il y a eu des soirs où j’étais tellement fatiguée que je ne pouvais même pas me lever. Le premier gros coup de fatigue qui m’a alertée sur mon état de santé était en début décembre. J’étais dans mon lit et j’ai essayé de toutes mes forces de me lever pour prendre un verre d’eau, mais je n’ai pas pu. Je n’avais tout simplement pas la force. Je me suis demandé pourquoi je m’infligeais tout cela. Quel était le sens de la vie, Quelle était la vraie valeur de tout ceci…

La fête de Noël, je l’ai passée sur le canapé de ma sœur. Nous avons discuté de mon état et j’ai réalisé pour la première fois combien tout le monde s’inquiétait de ma santé. Au-delà de l’excès de travail et d’autres bobos plus ou moins grave, je faisais de l’anémie. Il y avait eu des réunions d’urgence mon insu dont j’étais le sujet central. Deux jours après, je m’écroulais dans la salle de bain. Pendant près de deux heures, je n’arrivais pas à bouger. Je me suis demandé si l’heure de ma mort était arrivée (oui, je suis une drama queen). Si je mourais, après combien de temps l’on découvrirait mon corps ? Comment ma mère vivrait son deuil ? Est-ce que ma sœur ressentirait de la culpabilité que je sois morte deux jours après notre discussion ? Qu’est-ce que l’on devient après le passage de l’autre côté ? Avais-je bien fait comprendre à mes proches que je les aimais ? Est-ce que B le savait ? Dans ce silence d’hiver, je me suis dite que si ma vie devait être prolongée, je ferai mieux les chose. Je tacherai de vivre pleinement chaque étape et me recentrer sur ceux qui comptent vraiment. En retour je demande à l’univers ou peu importe quelle force ce sera de me donner la paix.

  • 13 Mars

Nous sommes à deux jours de mon anniversaire, et je suis la plus heureuse des femmes. Généralement, ma phase de déprime profonde commence un mois avant mon anniversaire, mais depuis février, je ressens une paix profonde dont je n’arrive pas à m’expliquer. Il y a deux semaines, les vieux démons ont refait leur apparition, et j’ai raconté à ma sœur ce sentiment de faire du surplace qui veut déjà obscurcir ma lumière. Elle m’a grondée et énuméré tout ce que j’avais fait en une année. Ce qui a été saisissant, c’est que je ne prends en compte que les accomplissements matériels. Par exemple, je comptabiliserais avoir un travail mieux rémunéré dans ma liste de réussite. Par contre, le fait que j’arrive maintenant à dire non aux gens et de les envoyer bouler n’aura aucune importance à mes yeux. Pourtant, cette année, ça a été sûrement l’une de mes plus belles victoires. C’est agréable d’avoir une humaine à côté pour me rappeler ce que je ne vois pas.

Hier encore, j’ai pleuré pendant une heure parce que j’avais enfin eu ce que j’espérais depuis 6 mois, mais je n’étais pas complètement satisfaite. J’esseyais de retenir mes larmes devant ma M mais elle m’a demandé d’aller au bout de mes émotions, et qu’est-ce que ça m’a fait un bien fou. 3 heures plus tard j’étais au restaurant avec Landry, nous avions regardé en arrière et nous avions perçu combien nous avions avancer. Il est devenu un homme avec beaucoup de poigne et moi j’ai les zié clair. Nous avions regarder vers l’avenir et il y avait une fenêtre de possibilité incommensurable. Il m’a parlé du tapis rouge de choix intéressants que je n’avais même pas envisagé. La nuit, je dansais dans une cuisine avec 3 personnes que je n’avais jamais vues, et nous mangions du thieb.

Et si c’était ça la paix ? Vivre pleinement des émotions humaines que l’on repoussent souvent comme la tristesse et la déception. Avoir des conversations profondes avec des inconnus comme si l’on se connaissait depuis toujours. Danser sur du dj Arafat et déranger tous les voisins… Mon bonheur et ma paix ne sont-ils pas là ?

Ce soir, j’écris tout ceci avec un sourire aux lèvres et plein d’émotion. Il m’a fallu près de 10 ans pour avoir une véritable envie de sortir danser et me célébrer. Il m’a fallu près de 3 650 jours pour apprécier mon parcours de vie, malgré ses imperfections, et mes constantes remises en question. Vieillir est une bénédiction et je suis heureuse de l’avoir reçue.

Je suis toujours en proie à des doutes, mais la vie est un acte de foi. Les choses se passeront surement de travers mais vivre c’est accepté toutes ces phases et avoir foi que quelque part sur le chemin qui est notre belle surprise nous attend. J’ai promis à Nini que je sortirais et mettrais ma robe avec un maxi décolleté dans les bars de paris en plein hiver. Je prendrais des photos pour chérir cet instant et je compte bien réalisé cette promesse. Parce que oui je suis une badass qui doit se célébrer avec un cœur plein d’amour et de paix.

Je ne sais pas si ce billet sera publié ou s’il rejoindra ma longue pile de textes personnels non publiés, mais si vous avez la chance de le lire, ne me souhaitez pas un joyeux anniversaire. Souhaitez-moi la paix. Je l’ai trouvée et je veux qu’elle reste à mes côtés ou qu’elle revienne plus souvent si elle venait à partir.

Happy peace day Exaucée

OUI JE LE VEUX

Je suis une jeune femme congolaise qui a vécu dans une société où les parents ne nous parlaient pas des rapports hommes- femmes. Étant l’aînée je n’avais pas non plus de grande sœur pour m’aiguiller sur ces thématiques. Quand j’avais des interrogations je devais les enfuir au fond de moi ou aller en parler à mes copines plus expérimentées. Poser la question dans la sphère familiale c’était recevoir des blâmes dans le meilleur des cas, si non une terrible punition bien piquante. Alors l’instruction sentimentale a été construite au travers des films et des conversations entre amis. Je rêvais d’histoires de cœur à la Disney princesse ou calquer sur les scénarios des films romantiques que je consommais.

Les romances obéissent généralement au même schéma. Deux protagonistes se rencontrent, c’est l’amour au premier regard. Ils vivent quelques turbulences qui les éloignent l’un de l’autre puis finissent par se retrouver et échanger un très beau baiser. Les scènes qui m’intéressent aujourd’hui dans le cinéma, ce sont les scènes du baiser. Dans la majorité des scénarios, ça se passe de façon instinctive. L’acteur principal se rapproche de sa partenaire, la serre très fort et puis les deux se lancent dans l’acte. C’est donc ça qui a représenté la normalité à mes yeux durant de nombreuses années. Mon âme d’enfant voulait absolument la même chose. 

Des années plus tard, la vie m’a confronté à un autre schéma que je n’avais jamais connu auparavant. Il y avait ce jeune homme qui me faisait ressentir des papillons dans le ventre depuis un moment. Je pensais littéralement à lui plus souvent que de manger. Il était mon rêve éveillé et la lumière qui illuminait mes journées. Un soir, il m’avait invité chez des amis pour une fête d’anniversaire. Pendant que la soirée battait son plein, à un moment donné nous nous sommes éclipsés. Nous étions assis devant le portail de son ami l’un à côté de l’autre admirant des passants quand il m’a posé la fatidique question. Est ce qu’il pouvait m’embrasser ? Mon cerveau a eu un bug durant quelques secondes avant que je ne réponde un « NON » sec. L’atmosphère est devenue froide tout d’un coup et j’ai fini par lui demander de me raccompagner chez moi. J’étais en colère qu’il ait osé poser la question. Il devait simplement le faire. Bien que j’attendais ce petit bisou depuis des mois j’avais dit non parce qu’à mes yeux ce n’était pas normal de demander. C’est quelque chose qu’on devait simplement faire c’est tout. Par sa demande il avait gâché ce moment que je voulais romantique. Me poser la question c’était briser tout ce qu’il y avait de beau dans l’acte. Je rêvais qu’on m’attrape par la taille avec fougue comme je l’ai toujours vu dans les films, pas une demande aussi insipide et ringarde.

Comme tout ado qui se respecte, j’en ai parlé le jour suivant à l’une de mes meilleures amies de l’époque. Elle m’a dit que ce mec était bizarre et c’était un Pecks – dans le jargon congolais ça signifie un homme mou ou pas courageux -. Je ne voulais pas être la jeune fille qui fréquentait un mouilleur. Je voulais un vrai gars, pas un qui ne pouvait même pas me faire un bisou sans me demander. Quel affront de demander ce genre de chose à une femme ? Ne voyait-il pas les films ? Ne discutait-il pas avec ses amis ? Pourquoi avait-il ressenti le besoin de faire ça ? 

Je raconte cette histoire aujourd’hui parce que je réalise que pendant une bonne partie de ma vie on ne m’avait pas enseigné le consentement dans une relation de couple. Que ce soit dans les films, par mes amies ou encore dans le cercle familial. Je ne critique pas mon éducation. On m’a transmis ce que l’on jugeait important et je suis reconnaissante pour ça. Malheureusement le consentement ne faisait pas partie de cet héritage. A l’époque j’en ai voulu à ce jeune et je l’ai calomnié. Pourtant il avait l’attitude la plus responsable qu’une personne de son âge pouvait avoir, demander à une femme s’il a le droit de faire quoi que ce soit sur son corps. Ça peut paraître dérisoire, mais ce soir-là il m’avait montré que ce n’était pas que de son envie dont il était question mais mes besoins étaient tout aussi importants. Avec le recul, je pense que l’on m’avait dit ou montré que c’était bien plus sexy de demander que d’attirer quelqu’un de force vers soi pour l’embrasser quelque soit le canal, j’aurais sûrement vu les choses différemment. Demander l’autorisation avant de toucher quelqu’un devrait être vendu comme ce qu’il y a de plus sexy au monde. Que ce soit dans les films, les discussions familiales ou amicales. Une narration différente aurait configuré mon mental différemment.

Aujourd’hui, à l’ère post #metoo, le consentement occupe une place importante dans les discussions mondiales. On parle beaucoup de s’assurer que notre partenaire est d’accord pendant toute les phases de la relation sexuelle. Mais questionnons nous assez les autres aspects de la vie sentimentale ? Avant d’en arriver au sexe, il y a plusieurs phases qui impliquent la participation des deux protagonistes. Est ce que nous demandons à notre partenaire si l’on a le droit de faire x ou y chose sur son corps ? Que ce soit une caresse, se prendre la main et toutes ces choses qu’on juge normales. Certains diront que la communication non verbale existe et elle compte tout autant dans les relations de couple. Et je vous le concède ! mais ne faut-il pas verbaliser nos actions, nos choix, nos envies pour être sûr que nous sommes bien sur la même longueur d’ondes avec notre partenaire ? N’est il pas mieux de s’assurer que certaines mimiques sont en accord avec la signification que nous leur prêtons ? 

Je conclurais en vous posant la question qui me taraude l’esprit depuis mon réveil. Avez-vous déjà demandé la permission à votre partenaire si vous pouviez l’embrasser ?

 

Exaucée

Enterrement pour les vivants

Mon collègue disait que sa première épouse décédée en couche représentait l’amour d’une vie et ce qui lui était arrivé de mieux. Elle avait participé à construire l’homme qu’il était brique par brique. Le jour de l’accouchement de leur troisième enfant à l’hôpital militaire de Pointe noire, elle avait eu une hémorragie et on avait pu sauver ni la mère ni l’enfant. 

Ce récit débuté quand j’ai parlé de ma vision du deuil et de l’enterrement au Congo. En effet, si vous êtes un brazzavillois digne de ce nom vous êtes déjà allés à une activité. On ne parle pas d’occupation, de rencontre ou de quelque chose de cet ordre-là, On parle bien d’enterrement. Généralement après la mise en terre du défunt les personnes présentes se réunissent autour d’une bière. Au-delà de rendre hommage à l’illustre disparu, c’est une occasion de discuter ou rire autour d’une table, revoir des personnes qu’on avait perdu de vue, ou simplement se distraire et sortir de son quotidien. Mais dans le processus d’enterrement ça ne s’arrête pas là, il y a des coûts exhorbitants liés à mise en terre et à la période de deuil qui est déjà trop longue (on peut compter entre une semaine à parfois un mois).

Un jour, Madame A m’a dit que pour un cercueil potable il fallait au moins 300 mille franc CFA, il y a aussi la tenue que la dépouille devrait portée,  la location des chaises, des chapiteaux,… on arrive très facilement à 1.000.000 si non plus. Pourquoi dépenser autant pour un être qui ne reviendra jamais ? Il y a quelque chose de malsain dans cette pratique à mon avis.

C’était la question que j’avais posé ce matin là au travail. Il m’avait répondu qu’il n’avait jamais acheté une robe de soirée à sa défunte campagne pendant tout le temps qu’a duré leur histoire… apres avoir fait des cotisations pour les dépenses, la famille avait fixé un budget pour la tenue de sa défunte femme. Mais il tenait à le faire tout seul, sa femme méritait bien plus qu’il ne l’avait offert de son vivant. Pour sa dernière demeure il voulait lui offrir une belle robe. Ca serait son dernier cadeau, la tenue avait coûté 500k et c’était tout ce qu’il avait comme économie à ce moment-là de sa vie. Son lendemain et celui des deux enfants qui lui restaient ne figurait pas parmi ses préoccupations. Cette femme vivante ou morte méritait tout.

En rentrant je voulais savoir un peu plus sur les dépenses liés au décès d’un de mes cousins. Madame A avait évalué les dépenses sommaires à environ 2 millions. Choquée j’ai demandé pourquoi, elle m’a dit que son neveu n’était pas n’importe qui et qu’il le méritait. Aussi il ne fallait pas que les gens soient médisants sur sa famille, elle avait terminé par « l’enterrement ce n’est pas pour ceux partent mais ceux qui restent ».

Avec madame A on parle souvent de la mort et du deuil, on sait tous que ça arrivera un jour ou l’autre même si on souhaite que l’échéance soit la plus retardée possible. C’est important pour moi que les derniers hommages rendus soient comme elle le souhaiterait. Elle m’a dit ce que je devrais faire en premier, ce qu’il fallait accepter ou pas de la part de sa famille. Madame veut qu’il y ait des danses traditionnelles, son cercueil ne devra pas être fabriquer avec n’importe quel bois, c’est la seule personne que je connaisse qui se soucie du matériau auquel sera fait son cercueil…, le plus important dans tout ça, elle doit reposer près de ses enfants, si c’est en Afghanistan ainsi soit-il. Par contre elle ne veut jamais qu’on parle de mes obsèques, elle ne veut pas le vivre donc elle en a rien à cirer de comment est-ce que ça peut se passer.

L’endroit sur cette terre qui me donne un sentiment profond de paix c’est la plage. À ma mort, idéalement je veux qu’on fasse des dons d’organes s’ils sont récupérables, le reste de mon corps va être incinérer et les cendres jetés au bord de la plage derrière la maison ou j’ai grandi. Je ne veux pas de période de deuil, au pire une journée. C’est une perte inutile d’argent. Le soir ou je lui ai parlé de mes projets, le choc était palpable sur son visage. Elle m’a dit non seulement je voulais lui faire subir la perte d’un enfant mais il fallait aussi qu’elle brule son corps, ce qui lui vaudra surement d’être accusée de sorcellerie et etre tenue pour responsable du décès. Mais pour finir tout ce qui lui resterait de la personne qu’elle aime profondément elle devra le donner à bouffer aux poissons. En colère elle m’a dit « sache qu’après ta mort tout ce qui s’en suivra ne t’appartient pas, mais plutôt à tes proches ».

Je finirai par dire que les raisons des dépenses exorbitants sont variées, parfois c’est juste une question d’égo, rendre hommage une dernière fois à l’être aimé, notre façon à nous de surmonter le décès, ou simplement une histoire culturelle. Je trouve toujours cette pratique malsaine et sans importance mais ce qu’il faut retenir c’est « l’enterrement ce n’est pas pour ceux partent mais ceux qui restent ».

Lol

  •  Qu’est ce qui s’est passé ?
  •  Tout a commencé par un mot
  •  Lequel ?
  • Hello

Vous devez surement vous demandez comment ai-je fait pour me retrouver là, une jeune femme de 25 ans, sans histoire ; ayant grandi dans une famille chrétienne. Fille aînée d’un pasteur et d’une mère très pieuse, bien que celle-ci soit partie très tôt. Diplômée d’une grande école de commerce, comment je pouvais me retrouver là, assise dans cette pièce. Une salle lugubre et vide, très sombre, humide avec une table en bois où se trouvait une bougie en guise d’éclairage. Moi, pieds et poing liés, le tout attaché à une chaise par des cordes. Ces cordes qui tenaient mes poignets très fort, c’est l’un de ces jours où tu te dis que la mort ferait mieux de t’emporter tout de suite.

Tout a commencé ce soir du 4 août, le jour où le monde a cessé de tourner pour moi. Je n’ai jamais ressenti de douleur aussi forte de ma vie. Cette impression qu’on arrache votre cœur à coup de pioche. Il était là étendu à mes côtés, son corps était inerte et froid, encore plus froid que d’habitude. Je ne ressentais plus les battements de son cœur près de moi. Mon amour s’en était allé, il s’était faufilé dans ma chambre la nuit car il n’arrivait pas à fermer l’œil. Vous savez quand la fin est proche, votre âme le sent mais votre esprit n’arrive pas à admettre cette vérité. Cette nuit il m’avait dit, « Lechica, cette nuit c’est la dernière, j’ai très mal et j’espère que Lol te rendra très heureuse, sois heureuse s’il te plait ». À ces paroles, les larmes avaient jailli de mes yeux mais je lui demandai de dormir, car dans son sommeil il ne sentirait plus aucune douleur. Au réveil quand je le touchai j’avais tout de suite su qu’il n’était plus là. Le jour où j’avais appris qu’il avait ce cancer des os je pensais que mon monde s’était arrêté mais la vérité est que mon cœur a arrêté de battre ce 4 août à l’unisson avec celui de Kabi. Après avoir réalisé que mon frère était parti, je criai de toutes mes forces, entre mes larmes et ma profonde détresse, mon père rentra et s’occupa de sa dépouille, C’était nos adieux. Lol fit son entrée dans la pièce et me dit « Hello »

– Qui est Lol ?

Après la découverte de son cancer il y a 2 ans, Kabi décida qu’il devait avoir quelqu’un ou plutôt quelque chose qui veillerait sur moi quand il ne serait plus présent. Je pense que c’est le plus grand cerveau que cette planète ait connu, le cerveau du créateur. Il travaillait dans la cabane en bois derrière la maison tout au fond de la cour. C’était son projet secret et personne n’avait le droit de rentrer dans son « laboratoire » sans son autorisation. Entre la chimiothérapie et des heures de repos que je lui imposais, c’était là-bas qu’il passait le plus clair de son temps. Après des mois et des mois d’attente, j’eus enfin le droit de découvrir son projet. Ce jour-là, Il pleuvait depuis près de 3 heures, et Kabi m’invita dans la cabane pour pouvoir enfin découvrir son grand projet.

  •  Lechica ferme bien tes yeux et surtout ne triche pas
  •  D’accord mais l’attente devient insupportable.

Après quelques minutes d’attente, je pouvais enfin découvrir cette réalisation. Dans tout ce désordre, il y avait un petit seau qui contenait une matière organique blanche dont la composition ressemblait à celle du mercure. En face de moi il y avait ce jeune garçon souriant et fier de ce qu’il avait créé

  •  Qu’est-ce que c’est ? dis-moi, ce liquide sert à quoi ?
  • Ce que tu vois n’est pas un liquide en réalité mais un ensemble de micro robots équipés d’intelligence artificielle
  • Et il sert à quoi ? Et c’est quoi l’intelligence artificielle ?
  • C’est un programme qui fait de l’apprentissage par lui-même et de la prédiction. Ça veut direqu’il sait ce qu’il dira et apprend à savoir ce qu’il dira. Le test de turing est une proposition de test d’intelligence fondée sur la faculté d’une machine à imiter la conversation humaine et jusqu’alors aucune intelligence a réussi à passer le test. Enfin jusqu’à ce que Lol explose les records. Et ce qui est génial c’est que Lol peut prendre la forme humaine et toutes les formes qui lui plaisent
  • Whaouhh c’est impressionnant petit monstre. Mais pourquoi tu l’as appelé Lol
  • C’est pour toi Lechi, je veux que tu sois heureuse et Lol veillera sur toi, il te rendra le sourire quand tu en auras besoin et veillera à ce que jamais personne ne te le reprenne quand je ne serai plus là. Je ne supporte plus la douleur, les injections et virées nocturnes à l’hôpital, je sais que la fin est proche Lechi, je veux juste partir, et j’aurai le cœur léger si je sais qu’on veille sur toi. Bientôt j’aurai terminé et il pourra faire des interactions.

En ces mots je ne pus m’empêcher de pleurer et je le pris dans mes bras

– Cela n’explique toujours pas pourquoi tu es dans cette chaise. Tu sais bien pourquoi tu es là, tu le sais bien, alors parle avant que je ne perde patience

Après l’enterrement, la vie reprit peu à peu son cours. Il y avait des jours où je n’avais le courage de sortir de mon lit. J’avais quitté mon travail depuis deux ans et je me consacrais entièrement à la vie de Kabi, je veillais à ce qu’il aille bien et ne manque de rien, mais son absence m’avait conduit au fond du trou. Lol était présent, il prenait souvent l’apparence d’un petit garçon et s’occupait de la maison, de papa et moi. Mon père lui n’avait trouvé que l’alcool pour soigner ses peines. Mais que pouvais-je bien faire ? je cherchais encore une raison pour me pousser à me lever chaque matin. Lol ne pouvait remplacer celui que j’avais perdu mais il était présent. Plus les jours passaient, plus j’en arrivais à oublier que ce n’était qu’un robot. Il avait même appris des blagues et arrivait à me faire rire, l’obscurité faisait place à la lumière peu à peu dans ma vie. Un jour j’étais dans ma chambre et j’entendis la voix de mon frère au salon. J’étais bouleversée, depuis sa mort je ne l’avais entendu. Était-ce mon esprit qui me jouait des tours ? Je courus descendre pour voir ce qu’il en était, et il était là, devant moi. Ce corps froid que j’avais découvert à mon réveil, cette personne dont j’avais assisté à l’enterrement et que je ne cessais de pleurer depuis des mois. Mon petit monstre était bien là. Je m’approchai doucement et le touchai. Je posai ma main sur son cœur pour m’assurer que ce n’était pas un rêve. Mais il n’y avait rien. On aurait dit qu’il n’y avait pas de cage thoracique.

  • Alors je te plais comme ça ? Dit ce jeune garçon en souriant.

C’était Lol qui avait pris l’apparence de mon frère. Je le serrai contre moi et je me mis à pleurer toutes les larmes que mes yeux pouvaient contenir.

– Donc vous voulez vraiment me faire avaler que votre frère de 13 ans avait pu créer un robot qui se métamorphose à sa guise ?

Lol et moi avions passé un marché, quand on était que tous les 2 il pouvait être Kabi le créateur mais dehors devant les gens il aurait l’apparence de ce petit garçon qui était censé être mon cousin venu vivre chez nous. Au début, nous avions une relation quasi parfaite, jusqu’au jour où tout a basculé.

Il y avait cet homme, Christ, un ancien collègue de l’université. À la fin de nos études il était resté en Espagne, mais après 3 ans à l’étranger, il décida de rentrer au pays. Étant donné la relation que nous avions, je fus la première personne qu’il appela. Je me rappelle encore quand je l’avais revu. Un jeune homme à la peau ébène, ses yeux étaient d’une telle profondeur que le sens de la phrase « les yeux sont le reflet de l’âme » je le trouvais en lui. Il était très grand, et son corps ? je vous épargne les détails. Dans ce restaurant, c’était comme s’il n’y avait plus rien autour si ce n’est lui et moi. C’était une soirée mémorable, c’était la première fois ou j’étais vraiment comblée depuis la mort de Todjo. Il me raccompagna et nous avions échangé ce baiser que j’espérais depuis des années maintenant. Arrivée dans la maison, Lol m’attendait au salon. Son regard était froid et méprisant, je ne l’avais jamais vu dans cet état. Cette machine avait toujours été souriante et adorable avec moi. Mais là, j’avais la peur au ventre. Il se mit à hurler, il souleva la table et la lança contre le mur. La table était passée à 30 centimètres de moi, je courus vers les marches pour m’enfermer dans ma chambre mais en quelques secondes il était déjà devant moi pour me barrer le chemin. On pouvait lire la peur dans mes yeux, soudain il était très calme et me caressa la joue tout en douceur. « Ne vois plus jamais cet homme, n’oublie pas que tu es à moi ». Il s’en alla et j’avais pu rejoindre ma chambre. Je fermai ma chambre à double tour et mon cœur battait la chamade. J’avais tellement peur et cette phrase m’avait glacé le sang. Le lendemain je devais voir Christ, à notre endroit préféré, la balançoire près du lac. Je l’avais attendu toute la journée mais personne n’était venu. Le soir je reçus son appel et il m’annonça qu’il retournait en Espagne où sa fiancée l’attendait. Il était désolé pour les espoirs qu’il m’avait donnés. Tout ce qui me restait à nouveau c’était Lol. J’ai passé des nuits à broyer du noir, mais Lol était là, il avait recréé des hologrammes de mes souvenirs, c’est ce qui m’a fait tenir tous ces soirs. J’avais un bout de ma famille avec moi néanmoins. Je décidai de faire une petite promenade pour me détendre l’esprit, je n’avais pas à me morfondre pour un homme qui m’avait quittée au téléphone, Quoi de mieux que le lac. À quelques mètres, il y avait pleins de corbeaux autour de quelque chose. En m’approchant c’était le corps d’un jeune homme. Son thorax était ouvert et il n’y avait aucun organe, des oreilles aux yeux, en passant par ses poumons… C’était presque poétique, un sacré travail je peux vous l’assurer. Je partis de là en courant et appelai la police. En rentrant chez moi j’étais choquée par la scène.

  • –  C’était Christ ?
  • –  Oui c’était bien lui
  • –  Et votre père ? Que s’est-il passé le 10 avril ?Le soir de mon anniversaire, il rentra saoul comme à son habitude. Quand il était dans cet état c’était Lol qui s’occupait de lui. Mais le 10 avril j’étais seule, Lol était allé chercher des pièces en magasin pour me fabriquer un cadeau d’anniversaire. Ma vie était à la dérive et tout ce que je souhaitais c’était de rester toute seule enfermée dans ma chambre, seule avec mes démons. J’étais en haut quand j’entendis le bruit assourdissant d’un vase qui se brisait. Je me doutais bien que c’était mon père. En descendant je le voyais là assis par terre, il avait pissé sur lui. Quand il m’avait vu, il m’appela par le prénom de ma mère. Je m’approchai de lui pour l’aider à monter dans sa chambre. Il me sourît et me dit « mon amour kala, pardonne-moi de pas avoir pu prendre soin de nos enfants, pardonne-moi d’avoir perdu l’église que nous avions construite, pardonne-moi mon amour. Laisse-moi te rendre heureuse ce soir ». Je le laissais un moment devant les marches et je me dirigeais vers la cuisine pour mouiller un habit et l’essuyer le visage quand soudain mon père ou plutôt mon bourreau surgit derrière moi. Il me serrait si fort que je lui demandais en criant de me lâcher. Tout ce qu’il avait sur lui c’était son t- shirt qui sentait des kilomètres à la ronde. Dans notre lutte il m’avait cogné contre le frigo, ensuite c’était le paillasson. Je pouvais sentir sa barbe nauséabonde dans mon cou. J’essayais de me libérer en usant de toutes mes forces. Je fus blessée à la jambe et à la tête ce qui m’a valut une méchante cicatrice, mais la vraie blessure, celle de l’âme était en cours de se produire. Il réussit à me plaquer contre le sol en me chuchotant « ça m’excite quand tu te débats bébé ». J’étais à bout de force. Cette nuit c’était le jour où j’étais morte à mon tour. Je fixais la montre accrochée au mur et chaque seconde me paraissait être des heures. Sur ce plancher les larmes s’étaient envolé, il ne restait plus qu’une fille vide à l’intérieur.

– Ensuite ?

Mon sauveur arriva avant la fin de la partie et s’occupa de lui et il me déposa dans ma chambre. Je peux vous assurer qu’il fit un travail de maitre (sourire), il avait découpé chaque membre de son corps, centimètre par centimètre. Il avait pris soin de lui injecter une solution saline, cette solution le gardait éveillé mais ne soulageait pas la douleur. C’était plaisant de le voir mourir seconde par seconde. Son sang qui giclait à chaque seconde, d’abord lui découper par morceau en commençant par les oreilles et remonter vers le ventre. Ouvrir celui-ci et faire sortir des organes qui serviraient pour des dons dans les hôpitaux. Une belle façon d’honorer la mémoire de Kabi, c’est le genre de chose que tout le monde devrait vivre ou voir. Il n’y a pas sentiment plus fort et rien ne vous fait sentir aussi vivant

– Il y a une chose qui m’intrigue dans votre récit dit la dame qui se chargeait de poser des questions. Il y a une chose que j’ai du mal à comprendre, pourquoi vous parlez de votre frère deux fois comme le « créateur », et vous êtes admiratrice quand vous décrivez le cadavre de votre amant, souriante quand vous décrivez le mode opératoire du meurtre de votre père alors que vous étiez dans la chambre ? Vous êtes presque fascinée par ce que Lol a fait. La fameuse cicatrice sur votre cuisse le jour de votre viol a disparu. Et le meurtre de mon frère et ses amis ce soir du 10 avril où une petite fille affirmait vous avoir vue alors qu’on venait de vous violer ? Était-ce les œuvres de Lol ?

La dame s’approche de Lechica et la regarde dans les yeux. Elle avait ce sourire qui l’intriguait au plus haut point.

– Dis-moi un peu ce que j’ai raté dans ce récit ou ce que j’ai compris de travers.

La jeune dame posait sa main sur la poitrine de Nénamè, il n’y avait aucun battement cardiaque, on aurait dit qu’il n’y avait pas de cœur ni de cage thoracique. Comment était-ce possible ? la jeune fille avec qui elle discutait depuis un moment était peut-être ce Lol ? Au même moment des hommes ouvrirent la porte avec Lechika à leur bras.

lexique

  • Lechica : briller (Vili)
  • Kabi : largesse, charité (Vili)
  • Kala : vieux, adjectif qualifiant les choses (lingala)