Je voulais écrire quelque chose de particulier pour cet anniversaire. D’abord, j’ai écrit une lettre d’amour à l’Exaucée de 5 ans; je ne m’attendais pas à ce que ce soit un exercice aussi difficile. Pour être honnête j’ai écrit 3 phrases avant d’abandonner Puis j’ai écrit ce qui m’est arrivé de mieux l’année entre mes 28 et 29 ans. Aujourd’hui, j’ai été inspirée par un autre exercice. Qu’est-ce que j’aurais aimé qu’on me dise plus jeune ? Roulement de tambour ! Voici mes 29 leçons de vie.

1- Aime toujours profondément, le goumin ne te tuera point.

Au quartier, on sait tous qu’il ne faut pas avoir pitié des garçons, n’est-ce pas ? Nos grandes sœurs, mamans, tantes… ont parfois vécu des histoires d’amour chaotiques. Il est logique d’apprendre d’elles mais ce n’est pas pour autant qu’il faut se dire que tous les hommes sont pareils. Les leçons qu’elles transmettent nous permettent d’être plus aguerris mais le but n’est pas de revivre leur histoire. Sois sur tes gardes pour être sûre que tu n’es pas en face de quelqu’un de fondamentalement mauvais. Mais quand tu es sûre de toi, aime profondément, aime comme si demain n’existait pas. Aime pour ne pas regretter de ne pas l’avoir fait assez. Tu auras de petits goumins sur le côté mais ça ne te tuera point. Aime, ma petite, aime !

2- Les relations féminines sont magiques, chéris-les.

En tant que jeune femme congolaise, la société t’a appris, de façon implicite et explicite, qu’il fallait te méfier des autres femmes. Il y a d’ailleurs un dicton qui dit “bassi ba bo tonga ékolo té”, littéralement ça veut dire que les femmes ne peuvent pas construire un pays. Associé à cela, tu as baigné dans des milieux masculins. Alors tu as évité les relations féminines parce qu’elles sont à priori pleines d’hypocrisie. En réalité, les êtres humains qui te tiendront la main dans les traversées du désert sont des femmes. Elles te porteront haut et mèneront des batailles pour toi. Elles te comprennent car elles ont vécu dans leur chair les mêmes combats que toi. Aussi, dans quel genre il n’y a pas de relation hypocrite ?

3- La méritocratie n’existe pas.

Tu as appris que tu t’élèverais dans le monde par le travail et rien d’autre. D’ailleurs, Papa Wemba disait “Na béta libanga po na zoua mousolo na motoki na yo ndé ozui lifouta”. Ce qui veut dire, je dois travailler pour avoir de l’argent, c’est à la sueur de son front qu’on est payé. Malheureusement, la vie d’adulte m’a appris que la vie n’est pas aussi simple. Parfois on acquiert des choses parce qu’on a su jouer son match ; parce qu’on a le bon réseau ; parce qu’on a été quelque part au bon moment… La méritocratie n’est qu’un mythe et tu l’apprendras à tes dépens.

4- Donne une définition à l’amour.

Qu’est-ce que l’amour ? À une certaine époque de ma vie, je définissais l’amour comme “le fait de m’offrir des bonbons”, en même temps j’étais une enfant et mes parents étaient les vilains de mon histoire parce qu’ils m’en offraient peu. Puis l’amour est devenu “mourir en soi et vivre en autrui”. Aimer signifiait faire passer l’être aimé avant moi quoi qu’il en soit. Ensuite, l’amour a été “tenir à quelqu’un et être là quoi qu’il arrive”. Aujourd’hui, la définition la plus juste de l’amour que j’ai lue dit grossièrement que l’amour ne fait pas souffrir. À partir du moment où tu percevras l’amour comme cela, dans les situations où les gens te feront du mal, tu t’éloigneras car tu seras consciente de ne pas être aimée.

5- Tu es la vilaine de l’histoire de quelqu’un d’autre, mais c’est ok.

Tu es une personne qui essaie du mieux qu’elle peut d’éviter de blesser les gens, et d’être la plus compatissante possible. Malheureusement, malgré tout ça il t’arrivera d’être une super vilaine. Il y a des actes que tu commettras qui feront de toi la sorcière de l’histoire de quelqu’un d’autre mais le plus important c’est de se remettre constamment en question.

6- Donne-toi l’espace et les moyens de faire des erreurs.

Tu es très dure avec toi-même. Quand tu fais des erreurs tu t’auto-flagelles tellement que tu n’en dors pas la nuit. La vingtaine c’est le moment où l’on doit tester des choses, faire parfois des choses insensées car le monde t’en tiendra moins rigueur et même si c’est le cas, on s’en fiche ! Alors fais des erreurs et sois moins rigoureuse sur tes fautes.

7- Meuf va voir un psy.

Pleins de choix et de comportements que j’ai eu ont plus été des traumas responses qu’autre chose. Voir un psy m’aurait peut-être aidé à faire certains choix de façon plus éclairée et avoir des relations aussi saines que possible mais ce n’est pas grave, la vie t’apprendra dans la douleur donc ma petite sœur, va t’asseoir chez un psy.

8- Ne cours pas après les gens, accepte les ruptures.

J’ai longtemps été la personne incapable de laisser les gens s’éloigner. Pour moi, les relations les plus importantes de nos vies sont celles qui sont bâties dans le temps. Avec cette façon de voir le monde, on se retrouve à courir après les gens malgré les mauvais traitements parce que ce sont de vieux amis. En tant que personne, on change continuellement ; les certitudes d’hier ne sont pas les certitudes d’aujourd’hui. La seule constance de la vie, c’est le changement, cela vaut aussi en amitié, en amour, en famille… Grandir c’est voir le monde différemment, alors accepte la fin de certaines relations parce que vous êtes devenus de différentes personnes. Vous vous éloignez aujourd’hui mais peut-être que vous vous retrouverez, ou pas.

9- L’amour ne dure pas toujours, mais ça reste de l’amour.

Dans la pop culture, il y a ce mythe que le vrai amour dure pour toujours. Mais de mon expérience, il y a des amours qui ne durent pas pour toujours mais ça reste de l’amour. On peut rencontrer une personne avec qui on vit une magnifique histoire mais réaliser qu’il faut y mettre fin. Il est possible d’être avec quelqu’un et se réveiller un matin en réalisant qu’on est en face d’une étrangère. Ou encore, On peut aussi tout simplement réaliser que l’amour qui était intense autrefois a disparu. Ce n’est pas grave parce qu’on a aimé et on a été aimé. C’est le plus important.

10- Fuck cette histoire de syndrome de l’imposteur.

Tu as tendance à penser que tu es là où tu es par chance et pas parce que tu le vaux réellement. Mais copine, c’est une connerie, la chance c’est l’opportunité qui rencontre la préparation. Tu es où tu es parce que tu as travaillé. Tu mérites tout ça et n’aie pas peur, tu es solide sur tes appuis et tu assureras. Et dans les moments de doute et de peur, n’oublie surtout pas que Mobola têtue.