moi Sylvia, biologiste, biochimiste etc…

Sur les réseaux sociaux cette semaine, notamment twitter on a rendu hommage aux femmes évoluant dans le domaine des STEM science, technology engineering and mathematics (science, technologie, ingénierie et mathematiques). A cette occasion, Sylvia une jeune femme biologiste et une des personnes à la tête du projet Ebalé a voulu répondre à mes questions.

Qui est sylvia ?

Je suis une jeune femme congolaise qui aime apprendre. Je me définis comme quelqu’un de curieux qui essaie d’en savoir toujours un peu plus chaque jour. C’est dans cet esprit que je poursuis un doctorat en biologie du développement. J’étudie les mécanismes d’entrée en mitose ou plus simplement comment une cellule arrive à se diviser pour générer deux cellules identiques.

Comment s’est passé ta rencontre avec la science

Je suis quelqu’un de naturellement curieux et logique. Enfant j’étais fascinée par le corps humain et les maladies en conséquent je voulais être médecin. C’est en réalisant enfin des travaux pratiques au lycée que je me suis rendue compte que soigner les maladies c’était bien mais je voulais comprendre comment on tombait malade. C’est ainsi que mon amour et ma fascination pour la biologie s’est transformé en passion pour la recherche biologique.

Je suis fascinée par la complexité mais aussi la simplicité du corps humain et des mécanismes qui y prennent place. En vrai je suis biochimiste et biologiste moléculaire, mon gros kiff ce sont les protéines.

Au lycée j’ai appris que comprendre ce qui se passait avec l’ADN et donc parfois les protéines pouvait expliquer plusieurs maladies.

Depuis je suis devenue biologiste, je passe mon temps entre la paillasse, mon ordi et beaucoup de lecture à essayer de répondre à une question précise.

Comment définirais-tu ton parcours en quelques mots

Imprévisible, fun et bienveillant !

Imprévisible parce que je me retrouve où je suis grâce à plusieurs évènements hors de ma portée. Au lycée, la directrice de mon établissement (Bambino à Brazzaville) m’a inscrite ainsi que cinq autres élèves à un concours avant d’en parler à nos parents. Du jour au lendemain je me retrouvais à étudier au Canada. 

La bourse qui m’envoyait au Canada me permettait de briguer une autre qui permets de compléter son bachelor dans une bonne université américaine.

De là j’ai atterri en France pour un master et de fil en aiguille dans le laboratoire où je poursuis mon doctorat aujourd’hui.

À une Sylvia qui a 17ans, tout ceci aurait été de la fiction.

Déjà faire de longues études n’est pas très bien vu par certains de nos parents : lorsque je dis à quel âge j’aurai arrêté d’étudier, tout le monde crie. J’ai été découragée par plusieurs membres de mon entourage qui auraient préféré que je trouve un vrai travail et me marie

Tu es une jeune femme africaine qui veut faire de longues études et de la recherche, comment le vis tu ?

Oui je suis une jeune femme qui fait de longues études.

Déjà faire de longues études n’est pas très bien vu par certains de nos parents : lorsque je dis à quel âge j’aurai arrêté d’étudier, tout le monde crie. J’ai été découragée par plusieurs membres de mon entourage qui auraient préféré que je trouve un vrai travail et me marie. 

Mais je ne peux pas trop me plaindre, j’ai beaucoup de chance d’avoir grandi avec un père qui m’a fait comprendre que ce que je voulais comptais plus que tout. En plus lui aussi avait complété un doctorat !

Durant ton parcours quels ont été les plus gros défis que tu as rencontrés ? 

Mon plus gros défi était de me sentir à ma place. Au lycée, je me sentais décalée en fonction de mes camarades de classes. Étudier à l’étranger et en anglais n’a pas arrangé les choses, ça me donnait l’impression que je n’étais pas où je devais être et donc que je ne méritais pas ce qui m’arrivait. C’est le fameux syndrome de l’imposteur !

Actuellement, je veux donner une voix à la femme noire que je suis et prendre de l’espace afin de défendre mes intérêts et ceux des autres.

Pendant les moments de doutes ou les phases ou tu perds la force de continuer ? quels sont tes moteurs

C’est cliché si je dis mon boss ? Lol. Ça arrive souvent, très souvent même que je doute de moi. Dans ces cas-là, je me pose et je revois tout ce que j’ai réalisé. Je revois chacune des difficultés rencontrées et les solutions trouvées. Je peux ainsi me rappeler que je suis forte, compétente et que je peux surmonter tout ce qui se présente à moi.

Pour revenir à mon boss, je suis bien entourée où je poursuis mon doctorat. Mon boss quand je doute me rappelle que je suis « brillante » et ça fait du bien. Avoir un bon entourage et de bons encadreurs change des vies.

On a fait la rencontre de Sylvia la biologiste mais quelles sont les autres facettes de toi ? quand tu sors de ton laboratoire qu’est-ce que tu fais ?

Quand je sors du labo, je fais plein de choses ! Tellement que je ne peux pas faire tour de ce que j’aime. Mon plus grand amour en dehors de la science c’est la nourriture. Je sors manger au resto et découvrir de nouvelles cuisines, j’ai un faible pour la nourriture chinoise et coréenne. Je cuisine aussi souvent, j’essaie de nouvelles recettes et utilise mes collègues comme cobayes.

Après je fais plein de choses en amateur : je crochète des écharpes, je couds à la machine, je fais du jardinage et un truc pas très connu, j’écris des poèmes.

As-tu des rêves que tu nourris ? 

Je rêve de continuer à apprendre et étudier longtemps lol. En vrai, j’aimerai voir plusieurs générations de jeunes femmes congolaises poursuivre des carrières en recherche scientifique. Ce n’est pas une carrière qui est valorisée parce que les débouchés au pays sont moindres. 

J’aimerais cependant que les jeunes femmes sachent que c’est une carrière accessible et qu’elles ont le pouvoir de faire bouger les choses.

Quels sont tes perceptives pour la suite

Dans le court terme, obtenir mon doctorat en 2022 si possible et continuer à travailler sur Ebalé. Ebalé est une structure que j’ai co-créé qui donne des travaux pratiques aux jeunes congolais leur permettant ainsi d’allier l’enseignement théorique à la pratique.

Retrouvez Sylvia Nkombo Nkoula sur Twitter et Facebook @sylviaNkombo


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